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Belle lettre d'amitié. « Comment, mon Cruchard, tu as été malade ? Voilà ce que je craignais, moi qui vis dans les maux d'entrailles et qui pourtant ne travaille guères, je m'inquiète de ton genre de vie, excès de dépense intellectuelle et trop de claustration. Malgré le charme que j'ai constaté et apprécié à Croisset, je crains pour toi cette solitude où tu n'as plus personne pour te rappeler qu'il faut manger, boire et dormir, et surtout marcher. Votre climat pluvieux vous rend casaniers. Ici, où il ne pleut pas assez, on est du mois poussé dehors par le beau et chaud soleil et ce Phébus-là nous ravigote, tandis que Phébus-Apollo nous assassine. Mais je parle toujours comme un Cruchard philosophe et revenu de sa personnalité, à un Cruchard fanatique de littérature et ivre de production. Quand donc pourras-tu dire : Voici l'heure du repos. Savourons l'innocent plaisir de vivre pour vivre, de regarder avec étonnement l'agitation des autres et de ne leur donner de soi que l'excédent de son trop-plein ? Il fait bon remâcher pour soi-même ce qu'on s'est assimilé dans la vie, parfois sans attention et sans discernement. Les vieilles amitiés nous soutiennent et tout à coup nous désolent ». Ainsi, elle vient de perdre son vieil ami Charles Duvernet « qui s'est éteint tout doucement sans s'en douter et sans souffrir ». Cela fait « un vide énorme », d'autant que son neveu est parti à Châteauroux et que Plauchut a quitté Nohant pour ne revenir qu'à Noël. « Maurice est déjà à l'oeuvre pour nous préparer une splendide représentation de marionnettes ». Sand invite Flaubert à venir « faire le réveillon » à Nohant : « Tu auras fini tes répétitions [la pièce de Louis Bouilhet, Le Sexe faible], tu auras eu un succès, tu seras peut-être en humeur de revenir à la vie matérielle en mangeant des truffes ? [...] aime toujours ton vieux troubadour »... Reproduction page 53 51 167 168
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