작품 상세
Rosa BACIGALUPO CARREA (Gênes c. 1794 - 1854) Les Amazones pleurant Penthésilée Toile. Signée en bas à gauche: Rosa Bacigalupo Car.a inv. e dip. 120,5 cm x 130 cm Provenance : - Probablement collection de Marie-Thérèse d'Autriche-Este, Palazzo Doria Tursi, Gênes Lavinia Fontana, Barbara Longhi, Sofonisba Anguissola, Marietta Robusti, Fede Galizia, Artemisia Gentileschi, Elisabetta Sirani, Rosalba Carriera sont parmi les femmes peintres les plus connues de l'Italie des XVIème - XVIIIème siècle. Peindre au féminin n'a pas toujours été évident, mais plusieurs parmi ces femmes ont su attirer l'admiration des princes et des rois de l'Europe du temps, en atteignant parfois le même niveau de notoriété que leurs collègues masculins. Quant à Rosa Bacigalupo Carrea, elle reste, en grande partie, encore méconnue du grand public. La cause de ce relatif anonymat ne tient pas tant à sa maîtrise technique qu'au nombre réduit de ses aeuvres actuellement connues et documentées. Le tableau que nous présentons sert à lui seul à montrer combien cette artiste de Gênes peut être rattachée aux plus grands noms de l'art italien du début de l'Ottocento. Née dans une famille d'artistes, elle découvre la peinture dans l'atelier de son père Giuseppe, védutiste connu et réputé. Mais ce qui l'attire plutôt, c'est le portrait et la mythologie. A ce sujet, en 1865, son biographe Federigo Alizeri rappelle qu'elle exécuta un portrait du roi de Sardaigne, Vittorio Emanuele I, qui fut salué par la critique mais dont nous déplorons la disparition depuis la dernière Guerre mondiale. Le même biographe raconte que Rosa Bacigalupo réalisa quatorze toiles pour le Palazzo Doria Tursi à Gênes, où vivait la reine Marie-Thérèse d'Habsbourg Este, épouse de Vittorio Emanuele I. Ces toiles, dont la grande qualité est louée par Alizeri, ont étés dispersées en 1832 et actuellement, nous ne connaissons ni leurs sujet ni l'endroit où elles se trouvent. Stefano Grandesso n'exclut pas que la composition mythologique que nous présentons puisse venir des appartements de la reine de Sardaigne. Hypothèse qui se fonde sur le haut niveau qualitatif de ces Amazones pleurant Penthesilée et sur la datation qui remonte aux années 1820. Le peintre signe, en effet, en ajoutant le nom de famille de son premier mari, le sculpteur Bartolomeo Carrea, dont Rosa Bacigalupo était encore mariée à l'époque. La composition rassemble quatre figures féminines et un cheval, qui occupent presque la totalité du tableau, comme le haut-relief d'une métope. Les amazones pleurent leur reine morte. Fille d'Arès et d'Otréré, Penthésilée participe au siège de Troie, rapportent Hellanicos et Lysias, qui voient en elle l'incarnation de la fureur guerrière. Succombant à ses blessures devant Achille, dont les traditions historiques rapportent qu'il en était tombé amoureux, la mythologie lui attribue un fils, Caÿstros. Rosa Bacigalupo joue cette scène de manière tragique : les visages ne se regardent pas, les poses sont désolées, les amazones se languissent de douleur. On voit bien que l'artiste avait en mémoire tout ce que le maniérisme lombard a créé de corps torturés et de complexité iconographique. Si l'on ajoute à cela un raffinement dans le colorismo et un dessin très précis, cette composition est encore plus originale. Une vision de séduction qui contribue à mieux comprendre un moment-clé de l'art en Ligurie entre néoclassicisme et romantisme. Nous remercions Monsieur Stefano Grandesso pour avoir confirmé l'attribution de ce tableau.


