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GARNITURE DE CHEMINÉE « CORINNE AU CAP MISAINE HOMMAGE À MADAME DE STAËL » D'après un modèle de François GÉRARD, dit Baron GÉRARD (1770-1837) Paris, époque Restauration, vers 1825 MATÉRIAUX Bronzes patinés et dorés, marbre jaune de Sienne Pendule : H. 92 cm, L. 74 cm, P. 30 cm Candélabres : H. 100 cm, diam. 34 cm € 45 000 - 50 000 Cette importante garniture de cheminée en bronze doré et patiné évoque les débuts du Romantisme et s'inspire de l'oeuvre peinte du Baron Gérard (1770-1837), Corinne au Cap Misène, des années 1820 , repris quelques années plus tard par Marie-Victoire Jacquotot (1772-1855) . La pendule figure une jeune femme en bronze à patine verte assise sur un rocher, le regard perdu vers le ciel, la main tendue en signe d'attente. Elle tient dans son autre main avec négligence une lyre en bronze doré, ciselé de feuillages et de rinceaux propres au style Restauration. Le cadran en émail blanc est au centre du rocher. Elle repose sur une importante base rectangulaire où le marbre jaune de Sienne alterne avec une frise de feuillage en bronze patiné. Cette scène renvoie à l'hommage rendu par Madame Récamier et le Prince Auguste de Prusse à leur amie et écrivaine Madame de Staël (1766-1817) qui commandèrent un tableau illustrant une des oeuvres littéraires de cette dernière qui leur tenaient le plus à coeur, Corinne ou l'Italie, parue en 1807. Un tableau, initialement commandé à David, fut réalisé par le Baron Gérard et devait figurer Corinne sous les traits embellis de Madame de Staël, au moment où l'héroïne se trouve sur le Cap Misène. La jeune femme est ainsi représentée au moment d'une fête qu'elle organise pour Oswald au Cap Misène, située à l'extrémité de la baie de Naples. Durant cette cérémonie, Corinne est invitée, à la demande de l'assistance, à se livrer à une improvisation poétique sur « les souvenirs que ces lieux retraçaient ». Gérard, tout comme dans notre pendule, exprime le moment où Corinne, submergée par l'émotion, à l'approche d'Oswald, interrompt son interprétation lyrique, son auditoire suspendu à ses lèvres. Cependant, le Baron Gérard, comme il est visible dans notre pendule, se refusa d'idéaliser les traits de Corinne en ceux de Madame de Staël, par respect pour l'idéal néoclassique. Les deux candélabres qui composent cette garniture ont été réalisés dans les mêmes matériaux que la pendule. Les fûts sont composés de deux jeunes femmes drapés à l'Antique, retenant d'une main un pan de leur vêtement et de l'autre soutenant les cinq bras de lumière émergeant d'un récipient posé sur leurs têtes. Ces derniers, en bronze doré, sont ciselés de feuillages et de flammes sortant des binets. Les deux jeunes femmes, coiffées d'unelongue tresse, ont le sommet du crâne protégé par un linge. Une des deux dévoile avec élégance sa poitrine tandis que l'autre demeure entièrement vêtue. Ces deux personnages reposent sur une base carrée en marbre jaune de Sienne agrémenté d'un motif de lyre et d'une couronne de lauriers rubanée. On retrouve un modèle de candélabres similaire au Mobilier National qui était installé depuis 1817 à l'Hôtel Brienne, demeure de la mère de Napoléon Bonaparte, Laetizia .Selon Christian Baulez, ces modèles de candélabres trouveraient leur origine dans l'OEuvre du grand bronzier du règne de Louis XVI, François Rémond, comme le montrent ceux vendus par ce dernier au marchand-mercier Dominique Daguerre en 1785 pour garnir l'appartement parisien de la Princesse Kinsky Fontainebleau