작품 상세

L'ENLÈVEMENT DE DÉJANIRE Bronze à patine brun-rouge, sur un socle. Modèle d'après Giambologna (Jean de Bologne, 1529-1608) France, XVII° siècle H 21,2 cm x L 21,5 cm x P 10,5 cm (avec socle : H 24,5 cm x L 24,3 cm x P 24,6 cm) Le thème du centaure Nessus enlevant Déjanire est repris de la mythologie grecque. Hercule et son épouse doivent traverser un fleuve quand Nessus s'offre de les transporter, une ruse pour enlever Déjanire. Hercule l'abattra de ses flèches. En expirant, le centaure donne à Déjanire, jalouse d'un mari volage, le moyen de retenir celui-ci : en imprégnant de son sang la peau du lion de Némée que porte Hercule, elle sera assurée qu'il lui sera à jamais fidèle. Sitôt la tunique passée, elle ronge le corps d'Hercule qui pour faire cesser ses souffrances se jette dans un brasier. Après sa mort Junon lui pardonne, et accepte son apothéose. Giambologna traite dans trois versions assez proches, le thème avec brio, créant un tourbillon baroque dont se souviendra Le Bernin. Alliant la vigueur et la précision, le modèle est apprécié dans l'Europe entière grâce à sa diffusion par de biais de « petits bronzes» dont Susini, élève et gendre de Jean de Bologne, s'était fait une spécialité. Son succès ne se dément pas tout au long du siècle, et les collections royales sous Louis XIV n'en comptent pas moins de sept exemplaires (dont six localisés à ce jour). Les versions de Susini, ou de Pietro Tacca sont toutefois différentes, et dans le traitement moins fouillé de la matière, et dans l'action même. En effet, si elles relatent l'enlèvement à proprem_ent parler, notre bronze quant à lui montre une phase ultérieure : les cris de Déjanire ont été entendus, et Hercule a déjà tiré la flèche qui a mortellement blessé le centaure... L'action dramatique est à son paroxysme : tous les protagonistes sont impliqués. Nessus tente d'arracher la flèche et son visage exprime la souffrance autant que celui de Déjanire l'effroi. Elle joint les mains remerciant le ciel (ou l'implorant ?), quand Jean Bologne montrait son affolement... La tête du centaure Nessus est directement inspirée de celle de Laocoon, bronze d'après l'Antique de la collection Errard, puis collection de Louis XIV. Le nom de Claude Devaux "sculpteur en bronze", et proche de François Girardon comme d'André-Charles Boulle, a été avancé. La patine du bronze avec sa très belle et chaude laque brun-rouge rappelle en effet d'autres aeuvres des artistes du Nord. L'absence d'une base sur laquelle était fixé le socle (on retrouve quatre trous de fixation), et avec elle celle d'un éventuel num_éro d'inventaire, ne perm_et pas autre chose qu'une attribution à des collections royales. (À com_parer au Marsyas (Appolon et Marsyas, de Giovanni Battista Foggini (1652-1725), Florence, vers 1720, "Beauty and Power, Renaissance and Baroque bronzes from_ the Peter Marino collection", The Wallace Collection, 2010.)