작품 상세

Jean-Baptiste PILLEMENT (Lyon 1728 - 1808) Vue du Tage avec pêcheurs, chalands et navires au mouillage, ruines d'un château dans le fond, temps calme. Toile. Restaurations 54 cm x 95 cm "La formule du paysage que l'on pourrait appeler préromantique eut un tel succès dans les trente dernières années de l'Ancien régime que l'on trouve toute une floraison de peintres adonnés à ce genre non seulement à Paris, mais dans beaucoup de centres provinciaux" (Georges Brunel). Parmi les peintres qu'on pourrait qualifier de préromantiques, Jean-Baptiste Pillement est certainement l'un des plus doués et des plus appréciés, si l'on en juge par les nombreuses commandes qu'il reçut en Autriche, au Portugal, en Angleterre, en Italie et jusqu'en Pologne. Fils d'un grand peintre décorateur, Pillement travaille, dans un premier temps, pour la Manufacture des Gobelins. Par la suite, il se consacre à l'étude des paysagistes hollandais pour partir, finalement à dix-sept ans, faire son premier voyage dans la péninsule ibérique. La Marine que nous présentons est inédite. Elle peut être datée des années 1785 - 1790, coïncidant avec le dernier séjour de l'artiste au Portugal et en Espagne. A cette époque, sans doute les années les plus fécondes de sa production, son style se fait plus délié et moins conventionnel. Si les grandes marines restent rares dans l'oeuvre de Pillement, celles qui décrivent l'atmosphère de la mer calme le sont encore plus. Parmi les oeuvres que nous pouvons rapprocher, il faut citer une Marine conservée au Musée de Besançon et une Vue du Tage avec des pêcheurs d'une collection particulière. La composition générale obéit à un schéma d'ensemble identique : un premier plan occupé par de nombreux personnages absorbés dans le déchargement de marchandises provenant des navires qui sont au mouillage, des bateaux de commerce qui ont, pour certains, leurs voiles amenées tandis que d'autres ont toutes leurs voiles dehors. Dans la partie gauche, le Tage s'étend jusqu'à l'horizon où se perd toute une foule de petites embarcations. La tour en ruine qui figure sur la Vue du Tage (coll. Particulière) est identique à celle de notre tableau et permet de le situer géographiquement avec précision. Nous la retrouvons, d'ailleurs, dans d'autres tableaux de la même période. En outre, le coup de pinceau est le même, libre, rapide, chaud, d'une lumière enveloppante et intense. Certains détails sont particulièrement soignés, comme les cordages des voiles qui paraissent avoir été exécutés l'un après l'autre. D'autres similitudes sont à noter comme cette manière toute personnelle à Pillement de différencier le premier plan, par des tons brun soutenus et des contrastes de lumière exacerbés, de l'arrière-plan, traité en monochromie avec des couleurs presque pastel.