작품 상세
Pieter Paul RUBENS, atelier de Atalante et Méléagre Toile 122 cm x 85 cm Ce tableau inédit dérive de la fameuse composition de Rubens conservée au Metropolitan Museum de New York, exécutée vers 1616. Il s'agit d'une réplique exécutée, à notre avis, par l'atelier du maître. Le problème des répliques ou des copies des oeuvres de Rubens est un des plus épineux qui soit. Il y a quelques années, une exposition aux Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles (J. Vander Auwera, S. van Sprang, Rubens, l'atelier du génie, Bruxelles, 2007 a essayé d'affronter cette question. Les commissaires de l'exposition ont réparti les tableaux du maître en trois principales catégories : les oeuvres autographes, celles-là exécutées en collaboration avec un autre peintre ayant la même importance, enfin celles de l'atelier. Tous les élèves et collaborateurs qui sont passé dans l'atelier de Rubens, dès avant même son retour d'Italie, appartiennent à cette dernière catégorie. Si le meilleur d'entre eux fut Anton Van Dyck, la plus grande partie de ces collaborateurs reste anonyme. Cependant, la critique rappelle que dans une lettre de 1611, Rubens dit avoir plus de cent élèves. Par les témoignages des voyageurs qui venaient à Anvers visiter l'atelier du maître, on sait que les élèves peignaient d'après les dessins du maître. Le travail d'atelier était, d'ailleurs, une pratique courante dans l'Europe des XVIème et XVIIème siècle. C'est ainsi que le rôle exact de Rubens dans l'exécution de ses grands tableaux a toujours passionné les historiens de l'art. Le professeur Joost Vander Auwera rappelle, dans le catalogue de l'exposition belge, qu'il est possible de retrouver une production moins "extra-ordinaire", qui couvre qualitativement un large éventail...Ces disparités dessinent le champ d'intervention possible de l'atelier. Il souligne aussi comment, non seulement l'atelier, mais aussi des peintres extérieurs, ont pu être à l'origine de copies de quelques peintures de Rubens. En effet, si le peintre avait réussi à imposer une sorte de copyright ante litteram sur ses gravures, il n'en va pas de même sur l'oeuvre peinte. En effet, plusieurs copies de ses tableaux par des peintres contemporains sont là pour en témoigner. Mais ce qui nous intéresse ici, à propos de notre tableau, c'est le professeur Joost Vander Auwera qui l'affirme encore quand il dit : il ne nous paraît pas entièrement convaincant... Le critère qui veut qu'une copie ancienne "moyenne" ne puisse pas être une oeuvre sortie de l'atelier de Rubens au prétexte que ce dernier aurait fixé de très hauts standards de qualité. Sur le fondement de ces affirmations, nous pouvons constater le bon niveau qualitatif de cette ancienne réplique pour affirmer qu'elle puisse tout à fait émaner d'un collaborateur du maître. Nous voudrions aussi focaliser notre attention sur le très beau morceau de peinture que constitue la partie dans laquelle sont représentées la tête du sanglier et le chien. Le réalisme avec lequel la touche s'exprime rappelle Frans Snyders. Il est aussi intéressant de noter que le style général de cette réplique se rapproche davantage du style plus classique de Van Dyck, que de celui plus baroque de Rubens.