작품 상세

József RIPPL-RÓNAI (Kaposvár 1861- Kaposvár 1927) Travail au jardin, la traite de la vache Circa 1905. Pastel sur papier fort, monogrammé en bas à droite. H. 22,5 cm - L. 30 cm (à vue). Exposition : "Les Rippl-Ronaï d'une collection privée", Paris, Institut Hongrois, exposition du 5 avril au 2 mai 2005. La culture occidentale, et plus particulièrement la culture française, a joué en effet un rôle majeur dans la formation et l'épanouissement de l'art moderne hongrois à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. C'est à cette période charnière de l'histoire de l'art européen qu'émergent, en réaction contre l'enseignement académique, les premières écoles artistiques nationales prônant alors une pédagogie moderne et ouverte aux expériences occidentales. L'une de ces plus célèbres écoles est celle de Nagybánya (actuelle Roumanie) qui a pour principal chef de file Károly Ferenczy dont l'art allie savamment la tradition naturaliste de son maître Simon Hollósy aux innovations de l'impressionnisme français. Délaissant les académies de Vienne et de Munich, les jeunes artistes hongrois ont alors les yeux résolument tournés vers Paris. Lié au groupe des Nabis pendant son séjour en France, József Rippl-Rónai introduit dès son retour en Hongrie l'élégance raffinée du symbolisme et de l'Art Nouveau. Ces années 1900 voient se multiplier, à Budapest, d'importantes expositions qui révèlent au public hongrois les plus grands maîtres de l'art français contemporain, de Manet à Van Gogh, en passant par Degas, Seurat, Matisse, Cézanne et Gauguin. Dès lors, les artistes hongrois se partagent entre Paris, où ils étudient pendant l'hiver, tout en participant aux salons les plus avant-gardistes - le Salon d'Automne et celui des Indépendants -, Nagybánya et Budapest où ils peignent et exposent pendant l'été et l'automne. […] Si l'influence de Matisse est surtout perceptible dans la représentation des nus et dans les vues, aux épais empâtements et aux couleurs vives, du village et des environs de Nagybánya, celle de Cézanne prévaut en revanche davantage dans les natures mortes et dans certains portraits. Aussi, le fauvisme hongrois, loin d'être une pâle transcription de la mouvance française, apparaît-il bien davantage comme une savante et complexe synthèse entre l'expressivité de la couleur matissienne et la rigueur de la plasticité cézanienne et déjà cubisante. D'ailleurs, ces Fauves hongrois ne se sont jamais définis comme un groupe sous cette appellation, employée aujourd'hui par commodité et par analogie avec les autres tendances du fauvisme européen. Ils sont plutôt des artistes aux personnalités individuelles et singulières mais partageant le même esprit moderne et les mêmes idéaux radicaux dans leur conception de la peinture. » Extrait de l'article de Sophie Barthélémy dans « Pan ! Dans l'œil… » La réception critique des fauves hongrois aux Salon parisien de 1904 à 1914, Éditions Ligeia, Paris, 2009, n° 93-96. Cet article fait suite à l'exposition itinérante : « Fauves hongrois : 1904-1914 », qui eut lieu au Musée d'art moderne de Céret du 21 juin au 12 octobre 2008, au Musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis du 25 octobre 2008 au 22 février 2009, au Musée des beaux-arts de Dijon du 13 mars au 15 juin 2009 organisée sur le modèle de l'exposition « Fauves hongrois. De Paris à Nagybánya 1904-1914) présentée à la Galerie hongroise de Budapest du 21 mars au 20 août 2006. József Rippl-Rónai (Kaposvár 1861 - Kaposvár 1927) József Rippl-Rónai est un des peintres hongrois les plus illustres, fréquemment surnommé le « Nabi hongrois ». Il entame tout d'abord des études en pharmacie à l'université des sciences de Budapest en obtient un diplôme en 1881 avant de devenir précepteur des enfants du comte Ödön Zichy. À partir de 1884, il étudie à l'Académie de Munich auprès de Johann Caspar Herterich (1843-1905) et de Wilhelm Von Diez (1839-1907) et fréquente les cours de « modèles vivants » et de dessin. Doté d'une bourse d'État et attiré par l'effervescence artistique de Paris, József Rippl-Rónai s'installe en 1887 dans la capitale mondiale des arts. Il travaille comme assistant, dans l'atelier parisien du maître Mihály Munkácsy à partir de 1887 et fréquente quelques temps l'Académie Julian en 1888 sous la tutelle de Bouguereau et de Robert-Fleury. Durant ces premières années parisiennes, l'art de Rónai puise dans l'univers artistique de son maitre Munkácsy tout en affirmant un style personnel plus moderne et décoratif. À l'été 1889, Rippl-Rónai est à Pont-Aven ; il rencontre Paul Gauguin dont la modernité artistique le fascine. En 1890, Rippl-Rónai se sépare de Munkácsy et de son cercle, convaincu que l'avenir de son art se situe vers la modernité. Il se lie d'amitié à cette époque avec Aristide Maillol et Édouard Vuillard. Rippl-Rónai admire également des artistes tels que Fernand Khnopff, Gustave Klimt ou encore Henri de ToulouseLautrec. Il adopte dans ses propres compositions une palette chromatique aux tonalités vives et chaudes avec une attention particulière pour la transcription de la lumière. En 1892, Rippl-Rónai organise sa première exposition parisienne dans le pavillon de jardin du Palais Galliera alors siège de l'ambassade d'Autriche-Hongrie à Paris. L'évènement rencontre un vif succès, ses œuvres entrent alors dans des collections parisiennes et hongroises importantes. En 1894, la toile Ma grand-mère qu'il expose au Salon du Champs de Mars lui vaut d'être remarqué par le groupe Nabis ; il est alors appelé à rejoindre ses membres. À cette époque, il fréquente l'atelier parisien de Gauguin. Présent lors de l'Exposition Universelle de 1900 à Paris, Rippl-Rónai reçoit la médaille d'argent pour la réalisation des broderies qu'il a dessinées. En 1900, après une période de crise, où il s'attache à renouveler son style et ses sujets, il retourne dans sa Hongrie natale. Dès 1902, son retour à Kaposvár signe la période la plus intense de sa carrière témoignant de sa créativité personnelle et de l'apport artistique acquit en France au contact des Nabis et d'artistes tels que Pierre Bonnard, Édouard Vuillard, ou encore Aristide Maillol. Son style se caractérise alors par des couleurs vives, des contours simplifiés et un goût pour l'aspect décoratif. Il développe progressivement sa propre technique qu'il nomme « grain de maïs » révélant des formes aux volumes prononcés et stylisés, couverts d'une épaisse couche de peinture dans un style décoratif. Rippl-Rónai participe activement à la vie artistique de son époque. Il expose aux Salons parisiens tels que le Salon des Artistes Français dès 1889 puis à la Société Nationale des Beaux-Arts à partir de 1891. Il participe également de manière soutenue au Salon national hongrois de Budapest (Nemzeti Szalon). De nombreuses expositions individuelles lui sont consacrées notamment la rétrospective au Salon Könyves Kálmán de Budapest en 1906, à la Galerie Ernst en 1911 ou encore à la Galerie nationale d'art moderne de Munich en 1912. József Rippl-Rónai s'éteint en 1927, à l'âge de 66 ans, dans sa ville natale à Kaposvar en Hongrie. Ses œuvres sont aujourd'hui conservées dans des musées tels que la Galerie nationale hongroise de Budapest, la galerie Rippl-Rónai à Kaposvár, le musée d'Orsay à Paris ou encore le musée Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye.