작품 상세
Béla Adalbert CZÓBEL (Budapest 1883 - Szentendre 1976) Caricature Crayon sur papier H. 14,5 cm L. 11,5 cm (à vue) Au dos de l'encadrement le cachet « CZOBEL » La culture occidentale, et plus particulièrement la culture française, a joué en effet un rôle majeur dans la formation et l'épanouissement de l'art moderne hongrois à la fin du XIXe et au début du XXe siècle. C'est à cette période charnière de l'histoire de l'art européen qu'émergent, en réaction contre l'enseignement académique, les premières écoles artistiques nationales prônant alors une pédagogie moderne et ouverte aux expériences occidentales. L'une de ces plus célèbres écoles est celle de Nagybánya (actuelle Roumanie) qui a pour principal chef de file Károly Ferenczy dont l'art allie savamment la tradition naturaliste de son maître Simon Hollósy aux innovations de l'impressionnisme français. Délaissant les académies de Vienne et de Munich, les jeunes artistes hongrois ont alors les yeux résolument tournés vers Paris. Lié au groupe des Nabis pendant son séjour en France, József Rippl-Rónai introduit dès son retour en Hongrie l'élégance raffinée du symbolisme et de l'Art Nouveau. Ces années 1900 voient se multiplier, à Budapest, d'importantes expositions qui révèlent au public hongrois les plus grands maîtres de l'art français contemporain, de Manet à Van Gogh, en passant par Degas, Seurat, Matisse, Cézanne et Gauguin. Dès lors, les artistes hongrois se partagent entre Paris, où ils étudient pendant l'hiver, tout en participant aux salons les plus avant-gardistes - le Salon d'Automne et celui des Indépendants -, Nagybánya et Budapest où ils peignent et exposent pendant l'été et l'automne. […] Si l'influence de Matisse est surtout perceptible dans la représentation des nus et dans les vues, aux épais empâtements et aux couleurs vives, du village et des environs de Nagybánya, celle de Cézanne prévaut en revanche davantage dans les natures mortes et dans certains portraits. Aussi, le fauvisme hongrois, loin d'être une pâle transcription de la mouvance française, apparaît-il bien davantage comme une savante et complexe synthèse entre l'expressivité de la couleur matissienne et la rigueur de la plasticité cézanienne et déjà cubisante. D'ailleurs, ces Fauves hongrois ne se sont jamais définis comme un groupe sous cette appellation, employée aujourd'hui par commodité et par analogie avec les autres tendances du fauvisme européen. Ils sont plutôt des artistes aux personnalités individuelles et singulières mais partageant le même esprit moderne et les mêmes idéaux radicaux dans leur conception de la peinture. » Extrait de l'article de Sophie Barthélémy dans « Pan ! Dans l'œil… » La réception critique des fauves hongrois aux Salon parisien de 1904 à 1914, Éditions Ligeia, Paris, 2009, n° 93-96. Cet article fait suite à l'exposition itinérante : « Fauves hongrois : 1904-1914 », qui eut lieu au Musée d'art moderne de Céret du 21 juin au 12 octobre 2008, au Musée départemental Matisse du Cateau-Cambrésis du 25 octobre 2008 au 22 février 2009, au Musée des beaux-arts de Dijon du 13 mars au 15 juin 2009 organisée sur le modèle de l'exposition « Fauves hongrois. De Paris à Nagybánya 1904-1914) présentée à la Galerie hongroise de Budapest du 21 mars au 20 août 2006. Béla Czóbel (Budapest 1883 - Budapest 1976) Béla Czóbel est un peintre hongrois reconnu comme l'une des figures majeures de la peinture hongroise du XXe siècle et comme l'un des grands représentants de L'École de Paris et de l'Avant-garde. À partir de 1902, il se joint à la colonie des peintres de Nagybanya, créée et dirigée notamment par Károly Ferenczy (1862-1917). Durant cette période, il apprend et se perfectionne auprès de Béla Iványi-Grünwald (1867-1940), peintre hongrois et l'un des fondateurs de la colonie des peintres de Nagybánya. L'année suivante, il étudie à l'académie de Munich auprès de Julius Diez (1870-1957) et Ludwig von Herterich (1856-1932). Il y fait notamment la connaissance de Jules Pascin, Rudolf Levy et Walter Bondy. Porté par l'exemple de Rippl-Rónai, Czóbel gagne Paris en 1903, s'installant tout d'abord à l'hôtel du Danemark à Montparnasse. Il s'inscrit à l'Académie Julian et étudie auprès de Jean-Paul Laurens. Prenant part au mouvement Fauve, Czóbel expose aux côtés de Derain, Vlaminck, Braque et Matisse au Salon d'Automne de 1905. Cette exposition lui permet de se constituer une réputation en France, en exposant notamment auprès d'Henri Matisse et de Georges Braque. Son appétence pour le fauvisme atteint l'apogée lorsqu'il utilise les couleurs vives, utilisées quasiment pures caractéristiques de ce mouvement. En 1909 à Paris, il s'associe à la formation du groupe d'avant-garde nommé les «Huit». Cette même année, il retourne en Hongrie dans une volonté de diffuser son savoir ainsi que les courants artistiques français, notamment l'influence des fauves. Durant la première guerre mondiale, Czóbel part s'installer à Bergen, puis à Berlin en 1925 avant de revenir en France. Il réalise essentiellement des portraits et des nus féminins. Sa palette est alors majoritairement teintée de couleurs chaudes. Le peintre exécute également des vues de Paris, de Montparnasse et Montmartre. Enfin, il ne cède pas à l'arrivée imposante de l'abstraction et reste fidèle au fauvisme, sa palette étant un véritable témoin de ses talents de coloriste. Béla Czóbel prend activement part aux expositions de son époque et participe notamment au Salon des Indépendants de 1910 à 1930, à la Galerie Druet et à la Galerie Berthe Weill. Durant sa vie, il expose régulièrement à la Mücsarnok (Palais des expositions de Budapest) ainsi qu'à la Galerie Ernst à Budapest. Les œuvres de Béla Adalbert Czóbel sont aujourd'hui conservées dans des musées tels que le Musée Béla Adalbert Czóbel à Szentendre, la Galerie nationale hongroise de Budapest ou encore le Musée d'Art Moderne de Paris.
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